Terres Romanes d'Auvergne

Saint-Nectaire, elle rivalise avec les grandes cathédrales

Saint-Nectaire, elle rivalise avec les grandes cathédrales
Saint-Nectaire, elle rivalise avec les grandes cathédrales

Avec ses eaux alcalines et stimulantes qui en ont fait une ville thermale reconnue dès le XVIIIe siècle, la cité de Saint-Nectaire reste avant tout le berceau d'un culte ancien et l'écrin d'un des plus beau joyau de l'Art Roman auvergnat.

A l'époque néolithique, un dolmen en granit fut érigé sur le Mont Cornadore. Prospère Mérimée, Inspecteur des Monuments Historiques, décrit ce dolmen en 1837 dans ses « Notes d'un voyage en Auvergne ». Selon une légende, des fées résidaient dans les grottes du mont, déjà nommé Cornadore lorsque saint Nectaire, disciple de saint Austremoine, prêcha la foi de Jésus à la fin du IIIe siècle. Accompagné des prêtres Auditor et Baudenius, Il y fit bâtir une première église qui accueillit ses reliques après sa mort.

Entre 1146 et 1178, les moines de la Chaise-Dieu reçurent en donation de la part de Guillaume VII, Comte d'Auvergne, la terre de Saint-Nectaire pour y établir un prieuré. L'église actuelle, construite durant cette période, est-elle l'œuvre de Guillaume VII ou celle des moines du prieuré ? A moins qu'elle ne soit le fruit de ce mystérieux Ranulfo, grand bienfaiteur de l'église ? Perchée sur son socle rocheux et surveillée par les monts Dore, l'église de Saint-Nectaire n'en demeure pas moins l'une des plus étonnantes églises majeures de Basse-Auvergne. Faite de trachyte gris clair, elle semble vouloir rivaliser, malgré ses dimensions modestes, avec les grandes cathédrales.

A l'intérieur, les proportions se révèlent ; les chapiteaux offrent leurs décors exceptionnels. Réalisés par un sculpteur auvergnat au savoir-faire développé, leur canon est trapu, hérité de la tradition gallo-romaine. Entre les épisodes de l'Apocalypse, de la vie du Christ et de celle de saint Nectaire, plus de cent figures sont représentées dans le rond-point du chœur. Et puis il y a cet étonnant personnage dénommé Ranulfo : peut-être un généreux donateur, tiraillé entre le Bien et le Mal.

Dans le bas-côté sud, le combat des anges et des démons et la Tentation du Christ. Au nord, l'âne jouant de la lyre et l'homme chevauchant un bouc. Dans le transept nord, le trésor de l'église renferme le buste-reliquaire de saint Baudime, compagnon de saint Nectaire. Datant du XIIe siècle, il fut réalisé en bois et lames de cuivre doré orné de cabochons. A ses côtés, la Vierge romane du Mont Cornadore tient l'Enfant sur les genoux ; Sedes Sapientiae, elle incarne le Trône de la Sagesse éternelle.

Saint-Nectaire, elle rivalise avec les grandes cathédrales

Avec ses eaux alcalines et stimulantes qui en ont fait une ville thermale reconnue dès le XVIIIe siècle, la cité de Saint-Nectaire reste avant tout le berceau d'un culte ancien et l'écrin d'un des plus beau joyau de l'Art Roman auvergnat. A l'époque néolithique, un dolmen en granit fut érigé sur le Mont Cornadore. Prospère Mérimée décrit ce dolmen en 1837 dans ses « Notes d'un voyage en Auvergne ».

Ajouter cette page à vos favoris